Jean-Pierre Fabre parle de sa maladie et de sa guérison Jean-Pierre Fabre parle de sa maladie et de sa guérison

par Togoscoop

A l’initiative de certains journalistes, à la suite de notre publication exclusive, révélant que le maire de la commune Golfe 4 a été testé positif au coronavirus, Jean-Pierre Fabre a raconté hier après-midi à son cabinet, un certain nombre de journalistes de la presse locale tant privée que publique. Il s’agit pour lui de témoigner sur ce qu’il a vécu au cours de 10 jours de son hospitalisation. « Si j’ai accepté échanger avec la presse c’est parce que je ne veux pas qu’on dise que je refuse de parler de quelque chose qui n’est pas confidentiel. C’est un peu privé, c’est vrai mais si des gens peuvent partager mon expérience, si ça peut servir aux gens dans le prise de conscience, pour qu’ils ne s’amusent pas avec cette affaire-là pourquoi pas », lance-t-il tout au début de l’échange en estimant que c’est pour l’intérêt général malgré tout ce qu’on raconte sur lui.

La contamination de Fabre

J’ai été testé positif le mercredi 3 mars 2021. Nous tous nous nous protégeons, portons nos masques, essayons d’éviter autant que possible les contacts, respectons les protocoles sanitaires tels que préconisés, prescrits mais bien malin qui peut savoir comment il a attrapé cette maladie ?

A un moment dans la nuit du 02 au 03 mars je me suis senti un peu bizarre mais comme vous avez un petit mal de tête, un léger rien de sérieux. Et c’est là où je me surprends moi-même. Je ne suis pas quelqu’un qui s’occupe de sa santé. Je suis négligeant sur ce point. Mais le jour-là, j’ai dû passer rapidement à la mairie, puis je suis passé à une réunion. Dès que je suis arrivé à la réunion, j’ai téléphoné à mon médecin pour lui dire que je ne sentais pas bien et qu’après la réunion je vais passer le voir. 


 

Après la réunion, j’étais allé le voir. Après consultations il m’a diagnostiqué le palu. Quand on finissait je lui demandais est-ce qu’il n’était pas possible que je fasse le test. Il dit : « tu as le palu. Tu veux faire le test ? » Je dis oui. « Donc reviens à 14h » m’a-t-il répondu. Et je retourne à la clinique à 14h. Ils m’ont fait le test PCR. Le lendemain, je reçois le résultat qui est positif. Donc je pense que j’ai eue de la chance. J’aurai pu dire que j’ai le palu et me lancer dans l’automédication. Si je n’avais pas insisté à faire le test j’aurai continué à suivre le traitement du palu. Et la Covid-19 aurait commencé ces œuvres dans mon corps, c’est la chance ou la protection divine que j’ai eue. Dieu ne vient pas vous parler. Mais il te met en tête fais ceci. Donc j’étais très surpris. Quand c’est arrivé comme ça les autorités sanitaires de la commune vous prennent en charge. J’avais déjà le protocole. Les autorités sanitaires sont venues. J’ai commencé le traitement.

On se retrouve à la maison mari et femme positifs au coronavirus

Ma femme a demandé aussi à faire le test. Elle a fait le test et elle est positive. On se retrouve à la maison mari et femme positifs au coronavirus. On suivait le traitement. Dix jours après, on m’a fait un nouveau test il est négatif. On en a fait à ma femme, elle aussi était négative. Par contre ma grand-sœur qui venait chez moi à la maison et à qui nous avions conseillé fortement de faire le test, dès le début,  l’a fait et en était positive. Le personnel de la maison : Apollinaire et les autres  ont également  fait le test. Une personne des huit employés en était  positive.  Mais ma grand-sœur son cas s’est aggravé. Elle a eu insuffisance respiratoire et transférée au CHR de Kégué où elle a passé 9 à 10 jours.

Remèdes de grand-mère

Mais depuis un an qu’on a commencé par parler de cette maladie, je suis convaincu que chacun d’entre vous comme moi utilise des remèdes de grand-mère : du gingembre, de l’ail, le citron, du miel… Je faisais ça depuis longtemps. Donc, il y a ce traitement que je fais aussi quotidiennement qui a certainement servi à renforcer mon immunité. Il y a quelque chose que j’ai ajouté au remède de grand-mère est des séances quotidiennes d’inhalation de cristal de menthe.

Le président Faure Gnassingbé à chercher à avoir de vos nouvelles ?

Le chef de l’Etat avait cherché à entrer en contact avec moi, non ! S’il en était informé, je pense qu’il priait pour que je guérisse. Le ministre euh (…).  Le préfet m’a appelé régulièrement pour me transmettre la solidarité du ministre.

Pourquoi un traitement  à la maison plutôt qu’à Kégué ?

Vous cherchez à trouver un privilège, non ! D’abord, j’ai souhaité rester à la maison. Mais j’ai constaté que pendant cette période-là on confinait également à la maison. J’ai souhaité rester à la maison. J’ai été confiné à la maison. On n’allait nulle part. Vous vous soignez, vous recevez la visite de l’équipe médicale, ils viennent vérifier votre état et puis c’est tout. 


 

Je pense que si on veut confiner tout le monde à Kégué il n’y aura pas de places surtout avec le pic actuel. Je pense que le personnel soignant lui-même sait que vous êtes dans de meilleures conditions psychologiques en étant chez vous parce que si vous êtes à Kégué vous pouvez passer deux jours sans voir personne. Et ça vous créé un stress qui peut accentuer la maladie. Eux-mêmes ils sont favorables que les gens sérieux, vous prenez l’engagement d’être sérieux, pas de visite sauf celle du personnel soignant.

Le CHR Lomé Commune de Kégué

 Les conditions dans lesquelles les gens sont à Kégué je ne suis pas allé. Ma grand-sœur, elle n’est  pas contente, elle parle de mauvaises  conditions mais elle a été bien traitée. Ce n’est pas une question de ressources humaines mais de ressources matérielles. Ça veut dire que nous devons voir les politiques de santé dans nos pays, le dire n’est (…) de toutes les façons moi je suis de l’opposition ; c’est mon devoir et je dis depuis ces choses. Et donc la part de la santé dans le budget national c’est faible. Tout le monde sait que nous ne respectons pas les directives communautaires en matière de santé.

Il faut se vacciner

Il faut se vacciner et vacciner parce que c’est une maladie sournoise qui vous pompe le poumon. Il n’y a pas de vaccin sans effets secondaires. Je sais ce que j’ai vécu et ne souhaiterai à quiconque. Je ne souhaite pas l’état extrême de fatigue que ça créé. Même si vous êtes guéris vous êtes fatigué.

Vous pensez que j’aillais conseiller aux gens d’aller se faire vacciner si moi-même je ne m’étais pas  vacciner parce que je dois donner l’exemple. Je me suis fait vacciner dès le début, deux jours après le début de la campagne.

Le personnel de la mairie touché ?

J’étais couché, comme je recevais régulièrement la visite de Dr Talboussouma et de son équipe, un membre m’a dit qu’ils sont passés à la mairie tester le personnel.  Il y a de fortes probabilités que ce soit à la mairie que j’ai contracté la maladie. J’y signe des tonnes de parafeurs. J’y lis des tonnes de lettres. Comment faire ? Ou vous refusez de travailler ou vous travaillez avec d’énormes risques. Et donc on travail. Dès que je finis de travailler je me lave les mains et puis tout mais ce sont les risques du métier on ne peut faire autrement. Les tests sont confidentiels et donc je ne sais pas si des gens ont été testés positifs à la mairie. Si des gens ne se sont pas absentés, je suis resté dehors durant trois semaines, c’est qu’ils n’ont pas été testés positifs.

Leçons apprises…

Il faut réagir vite. Il ne faut pas perdre du temps à guérir un mal qui n’est pas celui que vous cherchez à guérir. Il faut faire le test lorsque vous vous sentez mal. Plus vite vous découvrez le mal dont vous souffrez moins le mal aura causé  de dégâts dans votre organisme lorsque vous serez guéri sinon ça peut causer votre perte.  Ça détruit les poumons, vous guérissez mais portez avec des séquelles irrémédiables. Il ne faut pas perdre du temps en automédication. Il faut faire le test.


 

J’avais constaté depuis un ou deux mois un relâchement dans l’application des mesures barrières. J’en ai fait cas au préfet, il était d’accord avec moi et même avec Dr Talboussouma Prisca, (NDLR : médecin chef de la Commune Golfe 4). En rentrant à midi à la maison je croise les élèves. Sur 200 élèves parmi lesquels un seul avait bien porté son masque, les autres qui en avaient, les ont portés au menton. C’est un relâchement incompréhensible.

La plage on ne peut pas imaginer qu’on laisse une foule immense se frotter le dimanche après-midi tout le long de la plage.  C’est ce laxisme qui est incompréhensible alors qu’en Europe c’est la panique générale et ils prennent des mesures. Ils ont commencé par parler de vaccination et nous on fait comme si la maladie n’existe pas. Ce laxisme est incompréhensible.

La vétusté des infrastructures sanitaires, ça donne à réfléchir. Une pandémie comme celle-là, elle peut balayer toute une population. Il faut être outillé chez soi. Vous avez vu tous ceux qui ont essayé en voulant rallier l’Occident sont décédés (NDLR : Guy-Brice Parfait Kolélas, Soumaïla Cissé, Pierre Bouyoya ). Pourquoi on n’a pas des infrastructures adéquates chez et qu’on doit transporter des gens en Occident ?