A Lomé, un long mur rentre dans la bataille(Reportage)

par Togotopnews

Du street art pour sensibiliser contre le mal du siècle qui met les humains en cage : le coronavirus. A Lomé, plus précisément dans le quartier Kodjoviakopé (à l’ouest du centre-ville), un mur est sollicité par un collectif  de jeunes graffeurs, connu sous le nom de « Logone graf crew», qui mettent bénévolement leur talent au profit de la lutte anti-Covid19.

Tous les moyens sont bons, pour combattre l’ennemi du moment. Ces artistes rappellent avec leurs fresques que le respect des gestes barrières est une affaire de tous.

Nous sommes sur le boulevard circulaire, non loin du siège de l’Union togolaise de banque (UTB). Dans les environs, une peinture murale artistique au style réaliste, retient l’attention. On y lit «#La terre est souffrante ». A droite de l’écriture artistique, on voit une jeune dame, au regard sérieux portant un masque de protection artisanal, comme quoi, l’heure est grave. Plus expressif, le mot  « Pandémie » y est écrit en lettrage avec une tête sur le « I » représentant le virus. Tout au long du mur, presque tous les gestes barrières sont peints en dessin. On observe un homme en train d’éternuer  dans le creux de  coude, deux mains qui se lavent  ainsi qu’une une boite de gel hydro alcoolique.

A pied, à moto ou en voiture les images frappent et font ralentir les curieux.  « C’est bien beau. J’ai aimé cette façon de faire la sensibilisation », exprime un passant. « Cela montre que le mal est réel. Même en passant dans la rue,  des murs te le rappellent. C’est dire qu’il faut adopter les bons comportements », ajoute un autre.

A part la qualité du travail et le choix ou l’association utile des couleurs, c’est le rendez de l’art moderne avec l’actualité qui touche vite la sensibilité de l’humain.  Une œuvre de trois artistes graffeurs.

Contacté, Patriote, le cadet de l’équipe explique qu’en ce moment où le Covid19 est en guerre contre toute l’humanité, chacun doit utiliser son savoir-faire pour éveiller les consciences. « Ce qu’on sait faire, c’est le graff  et cela se passe dans la rue.  Par ce moyen, on sensibilise la population à observer les mesures barrières», explique-t-il. 

De son côté, Trez, le plus âgé affirme qu’à travers le dessin, l’art touche vite la population en générale et  la jeunesse en particulier. Même son de cloche chez «  Action », le troisième. « Le graffiti est un excellent moyen de sensibilisation », renchérit-il.

Le trio saisit cette occasion pour appeler les bonnes volontés à les soutenir afin de reproduire l’œuvre dans d’autres quartiers de Lomé et dans d’autres villes à l’intérieur du pays.

Au-delà des trois greffeurs, d’autres acteurs travaillent sur le projet. Il y a quelqu’un qui  assure le management de l'équipe, un autre  se charge de la communication digitale et une autre personne joue le rôle de coordinatrice.