Christian Trimua dans le viseur de la FIDH et de l’OMCT

par Super User

Le ministre togolais en charge des Droits de l’Homme, Christian Trimua, n’est pas en bonne odeur de sainteté avec le réseau des organisations des défenseurs des droits de l’homme. Dans un document rendu public hier jeudi, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme a haussé le ton. L’institution internationale accuse le ministre de proférer des menaces à l’endroit des membres de la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH).

En effet, dans le communiqué rendu public, l’Observatoire indique avoir été informé de sources fiables des menaces à l’encontre de la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH). Cette institution internationale, fruit du partenariat entre la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), indexe le ministre Trimua pour avoir accusé la LTDH de publier de « fausses informations » dans son dernier rapport intitulé « Togo : Torture et simulations d’exécutions sommaires croissent à l’ombre d’une justice injuste ».

Selon l’Observatoire, ce n’est pas la première fois que le gouvernement togolaise menace la LTDH en raison du contenu de ses rapports. La preuve. Le 30 juillet 2018, un communiqué de presse du gouvernement a accusé la LTDH de « prétendues informations fallacieuses et non fondées » en réponse à un rapport publié la veille au sujet de la répression des manifestations qui se développaient à travers le pays depuis le mois d’août 2017. Dans son communiqué, le gouvernement indiquait « se réserve[r] le droit de donner une suite judiciaire à ce dossier après analyse complète du contenu dudit rapport ». Mais jusqu’à présent, aucune suite judiciaire.

La FIDH et l’OMCT se disent très « inquiètes de ces nouvelles menaces, qui ne visent qu’à tenter de décrédibiliser la LTDH et son travail de dénonciation des violations des droits humains commises dans le pays ». « L’Observatoire appelle les autorités togolaises à s’abstenir de toute forme de harcèlement à l’encontre de la LTDH, et plus généralement des ONG et défenseurs des droits humains au Togo, et à se conformer en toutes circonstances aux normes régionales et internationales relatives à la liberté d’expression et d’information », peut-on lire dans le communiqué rendu public.

Par ailleurs, la FIDH et l’OMCT demandent aux autorités togolaises mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre de la LTDH et de l’ensemble des défenseurs des droits humains au Togo, de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, et de se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et des instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par le Togo.