Le PPT exige la libération de Ferdinand AYITE et Joël EGAH

par Afreepress

« Les raccourcis juridiques et l’empressement avec lequel les journalistes sont arrêtés ces derniers temps sont de nature à favoriser un retour inquiétant de l’autocensure dans les médias et jettent par-dessus tout, du discrédit sur le gouvernement du président Faure Gnassingbé ». C’est le constat que relève le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) suite à de nouvelles interpellations dans le rang de la presse privée du Togo.

Ferdinand AYITÉ, Directeur de Publication du Bi-Hebdomadaire « L’Alternative et Joël EGAH, Directeur de Publication de l’Hebdomadaire « Fraternité » sont placés sous mandat de dépôt depuis le 10 décembre 2021, tandis qu’Isidore KOUWONOU, Rédacteur en chef du journal « L’Alternative » est lui, placé sous contrôle judiciaire.

“Un nouvel acharnement du pouvoir de Lomé contre les professionnels de médias” que dénonce le PPT qui exige la libération immédiate des journalistes en détention

« Le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) condamne vigoureusement l’inculpation de trois journalistes dont deux sont placés en détention, pour des opinions exprimées dans une émission consacrée à la décision des autorités de conditionner l’accès aux lieux de culte à la présentation du pass vaccinal ou d’un test PCR négatif », a indiqué Isidore Akolor, président du PPT.

Les deux directeurs de publication sont poursuivis pour avoir critiqué la posture de certains membres du gouvernement, notamment les sieurs Pius AGBETOMEY et Kodjo ADEDZE qui sont à la fois ministres et pasteurs.

Ils sont, à cet effet accusés entre autres, d’outrage à l’autorité, de diffamation et incitation à la haine contre l’autorité. Des chefs d’accusation qui selon le PPT, sortent des dispositions prévues par le code de la presse.

« Le PPT déclare que les griefs portés contre les journalistes dans l’exercice de leur profession doivent être appréciés au regard des dispositions du Code de la presse et non du Code pénal. Car, s’obstiner à appliquer aux journalistes critiques du pouvoir le Code pénal, en vue de faciliter leur détention, fait craindre un retour aux heures les plus sombres de la presse togolaise, qui a pourtant fait de la dépénalisation des délits de presse son cheval de bataille depuis 2004 », indique le PPT.

Pour cette organisation, l’inculpation des trois journalistes et la détention de deux d’entre eux, marquent une triste fin d’année pour la presse togolaise à l’instar de l’hebdomadaire « L’Indépendant Express », rayé du paysage médiatique togolais.

Les premiers responsables du PPT appellent à la relecture des articles 3 (alinéa 2) et 5 (relatif à la presse en ligne) qui selon eux, créent des conditions pour pénaliser l’usage par les journalistes des nouveaux supports médiatiques tels que les blogs, Facebook, Twitter et YouTube.

« Ces supports ne doivent pas être des goulots d’étranglement de la presse, mais plutôt des outils de travail et une extension des médias traditionnels », exhortent-ils.

Pour finir, le PPT invite les journalistes et les organisations professionnelles à rester mobilisés pour obtenir la libération sans conditions des deux journalistes.

Il invite par ailleurs le gouvernement et le pouvoir judiciaire à faire une lecture juste de cette affaire pour un apaisement.