Loïc Lawson et Isidore Kouwonou: 'les prochaines générations ne nous le pardonneront pas...'

par Global Actu

C’est un secret de polichinelle que la presse togolaise est en proie à de nombreuses difficultés. Quel saint pour sauver cette corporation de ses ‘tares anachroniques'? C'est la question que se posent 2 organisations de la presse. Elles proposent les fruits de leurs réflexions à l’occasion de la 27ème journée mondiale de la liberté de la presse célébrée ce 3 mai.

Après avoir salué la dernière hausse de l’aide de l’Etat à la presse (100 millions à 150 millions de francs CFA), ces 2 organisations disent qu’il faut plutôt penser à une ‘rehausse sensible’ du montant de ce soutien étatique annuel.

« Avec une nécessaire réaffectation des lignes de cette aide à caractère national ayant pour finalité majeure de consolider l’élan de professionnalisation du Paysage médiatique togolais (PMT). Et d’ancrer indirectement davantage la culture démocratique au Togo », proposent la section togolaise de l’Union internationale de la presse francophone (UPF-Togo) et le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT).

Pour Loïc Lawson et Isidore Kouwonou, respectivement président de l'union et secrétaire général du syndicat, si les problèmes de cette corporation tiennent vraiment à cœur aux uns et aux autres, on ne peut faire autrement parce que, disent-ils, les chantiers dans ce secteur sont immenses et le temps presse.

Au nombre des chantiers, l’UPF-Togo et le SYNJIT citent l’absence de Conventions collectives, la quasi non-couverture par le PMT des produits de la prévoyance sociale, ou encore la faible place faite au genre dans les rédactions togolaises, dans un Etat dans lequel les femmes représentent pourtant 52% de la population nationale.

« Les prochaines générations, employeurs comme employés, du PMT ne nous pardonneront pas la dévolution dans notre secteur d’activités de tares anachroniques », préviennent ces 2 responsables d’organisation.

Pour accomplir cette mission difficile, l’apport de tous est indispensable, notent MM. Lawson et Kouwonou. Ils apellent donc les journalistes, les techniciens de média et les auxiliaires de presse comme premiers responsables d’organes d’information à jouer leur partition.

« Au-delà de tout, c’est l’avenir de la presse togolaise qui compte : une presse libre et rentable. Gageons de semer, durant l’année de la célébration du jubilé de diamant de notre pays, les graines de ce renouveau souhaité et d’une coprospérité espérée dans le monde des médias qui grandiront l’ensemble de l’apprentissage démocratique au Togo. Et qui propulseront surtout les noms des hérauts de cette gageure dans la postérité sur la Terre de nos aïeux. Ceci est le sens premier de notre conception du «journalisme sans complaisance» en 2020 », saluent l’UPF-Togo et le SYNJIT.