Jeunesse et chômage : Mgr Barrigah diagnostique trois facteurs à la racine et propose

par Togotopnews

L’Archevêque de Lomé, Mgr Nicodème Anani Barrigah-Bénissan, au cours d’une récente rencontre à distance avec les jeunes de son diocèse et d’ailleurs, a répondu à plusieurs préoccupations de la jeunesse.  Sur la question du chômage, le prélat fait sortir trois facteurs qui sont à la base du phénomène et propose des remèdes au mal.

Selon le successeur de Mgr Komivi Amuzu-Dzakpa, le problème du chômage est très sérieux et s’adresse à la fois à l’Etat, les organisations de la société civile et à l’église.  Il diagnostique à cet effet trois facteurs sur lesquels il faut agir.

1.       Changer de mentalité

Pour Mgr Nicodème Barrigah,  il  y a une certaine conception du travail qu’il faut changer. « Nous devons  arriver à un changement de mentalité », conseille le prélat  et tacle un peu le système français.

« Tout le monde, dans le système français, pense que l’école doit produire des diplômés. Un jeune qui est en train de préparer sa Licence si vous le demandez qu’est-ce que tu fais demain, il répondra quand j’aurai ma licence je vais y penser. Tu arrives jusqu’à la licence sans  même savoir encore ce que tu vas faire ? », déplore Mgr Barrigah et propose.

« Je crois que c’est même en commençant le secondaire déjà, si ce n’est pas plus tôt, que tu devrais savoir ce que tu vas faire de ta vie pour que, toute ton orientation aille dans ce sens,  tes forces soient mobilisées pour cela », a recommandé le président de la Commission Vérité Justice et Réconciliation.

Le prélat justifie ses conseils en donnant également l’exemple des étudiants en fin de parcours. « Un étudiant en sociologie qui obtient sa licence, s’il ne trouve pas une place en sociologie qu’est-ce qu’il va devenir ? Il va se retrouver diplômé sans emploi ! Ou quelqu’un qui fait une licence en philosophie et par la suite il ne trouve pas quelque part où enseigné, il va se retrouver à la maison ; diplômé mais chômeur. Et cela est encore plus frustrant quand on calcule toutes les années qu’on a passées à se préparer sans trouver de quoi s’occuper. Donc, il y a donc un changement à opérer au niveau de la mentalité », a souligné Mgr Barrigah, célèbre évêque-chanteur.

2.       Revoir le système éducatif

La seconde chose qui semble importante aux yeux de l’Archevêque, est de repenser le système éducatif. « Revoir la formation qui est donnée dans notre parcours ; ce n’est pas normal qu’un Etat forme des chômeurs et que cela ne le dise rien », s’emporte Mgr Nicodème Barrigah devant le nombre très restreints des écoles techniques et scientifiques au Togo. « Nous avons combien d’écoles techniques ?… Il faut que quelque chose change. Que le jeune ait les moyens de préparer son avenir », propose-t-il

3.       Inculquer aux jeunes la notion d’entrepreneuriat dès le bas âge

D’après Mgr Barrigah, pour régler ou diminuer le problème de chômage, il va falloir aussi changer quelque chose au niveau des jeunes eux-mêmes. « Nous ne sommes pas là seulement pour être employés par d’autres. Il faut de la créativité », a-t-il lancé à l’endroit des jeunes tout en ajoutant que « cette créativité a besoin aussi de ressources ».

Par ailleurs, l’Archevêque, dans ses interventions, n’a pas oublié la part de l’église dans cette lutte. Il invite les catéchistes  et toute l’église à y contribuer.  « Lorsque les enfants viennent à la catéchèse, il faut commencer par les orienter sur le plan  professionnel. Lorsque l’église a la possibilité d’engager certains jeunes c’est bien qu’elle le fasse. Aidez les jeunes à mettre sur pied les activités génératrices de revenus. Tout cela peut-être des apports aussi de la part de l’église », a indiqué Mgr Nicodème Barrigah.

Atha ASSAN