Oublié et abandonné, Glèlou vit le calvaire

par Togoscoop

A 17km de la ville d’Atakpamé dans la préfecture d’Amou, le pont enjambant le village de Glèlou, est en piteux état à tel enseigne qu’on peut se demander comment des êtres humains peuvent avoir le courage de le traverser chaque jour. Et pourtant, c’est le supplice auquel est confrontée la population de cette localité pour aller d’un village à un autre. 

Situé entre les cantons de Témédja et Avètè, le village de Glèlou dans la commune Amou 3 est un grenier agricole. Son marché très fréquenté attire les populations des villages voisins et même au-delà qui viennent s’y approvisionner.

Mais le hic est que Glèlou est un village enclavé et l’état du seul pont artisanal qui permet d’y accéder laisse à désirer. Il faut avoir du cœur pour le traverser. Son état défectueux n’encourage pas mais il  demeure la seule solution qui s’offre à cette population. Ainsi tous les jours, hommes, femmes et  enfants de divers horizons sont obligés de braver les forces de la nature afin de pouvoir rejoindre le marché pour commercialiser les fruits de leur labeur ou pour se réapprovisionner en retour en produits alimentaires non disponibles dans leur zone d'habitation tels que le sel, les poissons fumés. Des femmes enceintes aux personnes malades en passant par les personnes âgées et les nourrissons eux tous  sont obligées de se soumettre à la volonté de ce pont artisanal.  

Quoiqu’aujourd’hui en mauvais état, ce pont construit sur une distance de 50 m est l’œuvre d’une âme charitable du village. Cette dernière voyant les difficultés qu’endurent les villageois, a eu l’ingénieuse idée avec le concours du Comité de développement du village (CDV) de mettre en place ce pont pour leur facilité la traversée. C’est également lui qui joue le rôle de surveillant-plongeur avec son ami pour parer à tout sinistre.  

Oublié, abandonné et délaissé, sans infrastructures socio-sanitaires, la population de Glèlou qui, pourtant a majoritairement voté pour le candidat du parti au pouvoir lors de la dernière présidentielle est seul face à son destin. La question qu’elle se pose est de savoir si pour les prochaines échéances, les candidats auront le courage d’enjamber ce pont pour venir solliciter leurs suffrages ?

 

Jean-Marc E.