Tentative d’accaparement de la forêt sacrée d’Agbodrafo : les pagnes noirs mécontents

par icilome.com

A 31 km de Lomé, en passant par la N°2, se trouve la ville d’Agbodrafo, ancienne cité portugaise. Située entre l’Océan Atlantique et le Lac Togo dans la région maritime au sud du Togo, la ville d’Agbodrafo fait aujourd’hui partie de la commune des Lacs 3, où justement une tentative d’accaparement des dernières terres de la forêt sacrée pour la construction de la mairie de la localité désenchante les adeptes de cette forêt.

Selon le confrère echosdescommunes, les adeptes du couvent dénommé pagnes noirs, un groupe de ritualistes originaire de l’autre côté du rive à Togoville - encore une ville près du Lac Togo et qui occupe une place importante dans l’histoire coloniale du Togo - ont manifesté ce mardi 28 juillet leur mécontentement.

« A la suite d’un rituel circonstanciel, ces adeptes forts de la sympathie des populations riveraines ont fait le tour de la localité », renseigne-t-on.

Le prêtre de la forêt sacrée de Togoville, Togbui Amegan Apke Azaguidi reconnait qu’entre-temps certaines parcelles avaient été cédées pour des travaux d’intérêt public : construction du lycée d’Agbodrafo, etc. Cependant, il souligne que ces terres ne sont en aucune manière une réserve administrative.

A l’en croire, cette forêt est sacrée. Elle sert pour eux de lieu de rituels et cérémonies. Et sa violation ne serait pas sans conséquences.

Le régent du trône d’Agbodrafo, Assafotsè Kuetevi Ekovi, pour sa part, relève qu’ils ont eu à régler ces problèmes dans le temps. « De grandes assises nous ont permis d’amener le calme et la cohésion actuels. Pour rien au monde, nous ne permettrons pas que la tension monte. Ce domaine n’est pas une réserve de l’État et je ne vois pas de quel droit nous pouvons le céder », a-t-il confié à la même source.

Rayan Naël