Me Jean Dégli choisi pour défendre la cause des populations de Kpomé-Agomé

par icilome.com

L’affaire d’expropriation de terres à Kpomé-Agomé est loin de connaitre son épilogue. Les populations dans cette localité située à 25 km au nord de Lomé, dans la préfecture de Zio, ne lâchent rien. Elles viennent de choisir Me Jean Dégli pour défendre leur cause.

Les populations de Kpomé-Agomé ne veulent en aucun cas céder les 716 hectares que le gouvernement leur demande pour cause d’utilité publique. Elle opposent un refus catégoriquement à ce projet, et sont prêtes à tout pour garder leurs terrains. Elles ont même commis un avocat, un certain Me Botocro Tchapo, pour défendre leur cause auprès des autorités togolaises. Seulement, ce dernier n’a pas pu assumer sa mission.

Samedi dernier, lors d’une assemblée tenue à la place publique du village, ces populations, très remontées, ont décidé de décharger Me Botocro de l’affaire. Elles estiment que cet avocat est en train de jouer un double jeu. Elles ont finalement choisi Me Jean Yaovi Dégli pour défendre leur cause auprès des autorités judiciaires.

« La population a constaté que le premier avocat en charge de l’affaire, Me Botocro Tchapo veut faire des jeux. Il cherche à nous duper. Le 26 octobre dernier, le ministre de l’Urbanisme, M. Tsolényanou est venu nous rencontrer au siège à la préfecture de Zio à Tsévié concernant l’affaire d’expropriation de notre domaine dénommé, Dalavé Kpomé. Il ressortait des propos du ministre que c’est un projet qui va avantager le milieu.

Il a dit plein de choses pour nous faire changer d’avis. Mais la délégation de Kpomé-Agomé s’y est opposée catégoriquement. Ainsi, de notre retour de la Préfecture, nous avons appris que Me Botocro et certains individus ont demandé aux propriétaires terriens de leur apporter les plans du domaine en question. Nous avons vite compris que cet avocat veut jouer au démarcheur. Il a trahi la population. C’est pourquoi à cette réunion, la population a réitéré sa décision de ne plus traiter avec Me Botocro. Il n’est plus notre avocat. Me Jean Dégli reste le seul avocat en charge de notre dossier », a confié Kokouvi Avognon, natif du milieu, à nos confrères de Afreepress.

Au cours de cette assise, les populations ont également décidé de mettre en place une commission composée des cadres et autres fils du milieu. Ces derniers seront les interlocuteurs directs entre les propriétaires terriens, l’avocat en charge du dossier et le gouvernement.

Ce qui fait mal à ces habitants de Kpomé-Agomé, c’est que le gouvernement n’a pas adopté la procédure normale avant de vouloir procéder à l’expropriation de leurs domaines. Ces populations se disent également lésées des privilèges qu’elles devraient tirer de l’extraction du phosphate dans leur localité.

« Nous n’avons plus de terres à Kpomé-Agomé. Ce qu’on a, est déjà pris pour l’extraction du phosphate. Et nous ne gagnons rien par là. Notre village ne bénéficie de rien. Donc le peu de terres qui nous reste, on ne va plus les céder. Nous allons nous battre pour garder ce domaine pour nos enfants. Peu importe la fortune que l’Etat va nous proposer, on ne va plus céder nos terres », a insisté Kokouvi Avognon.

Face à la situation, les populations de Kpomé-Agomé invitent le chef de l’Etat à se saisir personnellement du dossier afin d’éviter le pire.

Précisons que les 716 hectares que le gouvernement veut exproprier dans cette localité devraient normalement accueillir une partie des habitants d’Adétikopé. Ces derniers ont été aussi victimes d’expropriation. Ils ont été priés de quitter leurs domaines à Adétikopé pour cause d’utilité publique.

Godfrey A