Litige foncier à Akato Avoémé : La famille Massémé accusé d’outrage à la justice

par Afreepress

L’ambiance demeure très électrique à Akato Avoémé (localité située à la sortie sud-ouest de la ville de Lomé, près de la frontière Togo-Ghana).

À l’origine de l’imbroglio, un différend foncier opposant la collectivité Massémé à la famille Avoussou.

Face à la presse, samedi 22 janvier 2022, les membres de la collectivité Avoussou ont condamné le comportement du camp adverse. Ils sont revenus en détail sur les causes de ce litige.

Selon les explications, fournies aux médias, ce différend porte sur un domaine d’une superficie de 94 hectares, constituant le village d’Akato Avoémé.

Le dossier pendant devant la justice depuis 2011, et depuis cette période et jusqu’à présent, plusieurs décisions ont été rendues, à « tort et à travers ».

« Quand l’affaire était portée devant la justice en 2011, c’est la famille Avoussou qui a remporté brillamment le procès avec des preuves à l’appui. Et la décision notifiait que 54 hectares sur les 94 appartiennent à la famille Avoussou et que les 35 hectares restants reviennent aux Massémé. Après ceux-ci, sont passés par des chemins qu’on ignore et l’affaire est repartie à la Cour d’appel, c’est là-bas qu’ils ont remporté le procès et on nous a arraché nos 54 hectares pour leur ajouter. Donc, tous les 94 hectares, bref tout le village d’Akato Avoémé est attribué aux Massémé, qui normalement sont des étrangers. C’était une décision difficile à supporter. Suite à ça, nous avons réuni toutes les preuves possibles pour demander un sursis au niveau de la Cour suprême et après avoir étudié nos dossiers fournis, la Cour suprême a su qu’il y avait des éléments de vérité dans ce que nous disons et elle a approuvé notre demande de sursis », a expliqué aux professionnels des médias, le mandataire de la collectivité Avoussou, M. Tavina Kwami.

D’après celui-ci,, étant donné que la Cour suprême a ordonné un sursis, les protagonistes devraient arrêter les travaux sur le domaine litigieux, en attendant une nouvelle décision.

C’est sur cet aspect que les Massémé sont accusés. « Ils continuent les travaux de lotissement chaque jour sur le terrain. Ils viennent même dans nos maisons pour implanter des bornes. Alors que l’affaire est en sursis. Les Massémé défient nos autorités judiciaires. Et pire encore, ils ne viennent plus sur le terrain avec des huissiers. Ce sont eux même qui viennent écrire sur des maisons : voir Massémé. Nous dénonçons cette situation. Nous faisons confiance à la justice, parce que nous disposons d’éléments pour prouver la vérité. Eux, ils font du forcing », a indiqué pour sa part, Hégnon Komlanvi, Porte-parole de la famille Avoussou.

Selon les archives et documents officiels, le village d’Akato Avoémé a été fondé par M. Avoussou, un chasseur.

« C’est pour cette raison que le trône royal est pour les Avoussou. Le dernier Chef village d’Akato Avoémé, celui qui vient de décéder, est un Avoussou. Il a un décret officiel signé de l’autorité. C’est notre village. Ils le savent bien », a ajouté M. Hégnon Komlanvi.

Au regard de tout ce qui précède, la collectivité Avoussou demande ‘’simplement’’ que les autorités compétentes interpellent les Massémé afin qu’ils respectent la décision de la justice.

« Nous saisissons également notre Chef de l’Etat à prendre au sérieux ce dossier. Sinon, notre village Akato Avoémé va disparaître. Ce qui va être une catastrophe », a fait savoir le porte-parole.