Augmentation incontrôlée du prix du gaz domestique : Les consommateurs se tournent vers le gouvernement

par Afreepress

Au Togo, la situation économique des ménages devient de plus en plus difficile avec la flambée des prix des produits de première nécessité. Une crise que vient aggraver la récente augmentation du prix des produits pétroliers. Ce qui a engendré, depuis quelques jours, une spéculation incontrôlée sur le prix du gaz domestique.

Sur le marché, plusieurs points de vente du gaz butane ont augmenté le prix des bouteilles.

« Avant, c’était à 3 200 que nous payons la bouteille de 6 kg du gaz. Certains revendeurs le faisaient même à 3 100 francs CFA. Mais depuis que le prix de l’essence a été augmenté, c’est désormais vendu à 3 500 Francs CFA cette quantité, soit une augmentation de 400 Francs CFA. C’est trop ! Alors qu’avant d’aller payer ce gaz, l’on doit se déplacer en moto taxi et payer le conducteur, sans oublier que ce dernier aussi a changé ses tarifs. Nous allons faire comment pour survivre dans cette situation ? Ça sent la famine, surtout quand les dépenses de la rentrée scolaire vont bientôt arriver. On va craquer », s’est plaint Koami Fofo, un père de famille interrogé par l’Agence de presse AfreePress.

Du côté des revendeurs, on explique cette situation par le changement intervenu sur le tarif des transports urbains.

« Même si le gaz à usage ménager n’est pas concerné par la récente hausse des prix des produits pétroliers, nous sommes obligés d’augmenter son prix à notre niveau. Avant, avec 30 000 F CFA, le transport des bouteilles est assuré. Maintenant, le prix du transport a changé. Les chauffeurs ont augmenté les prix de sorte qu’on risque de dépenser tout notre bénéfice dans le transport. Ce qui n’est pas à l’ordre du jour, parce que nous faisons ce commerce pour gagner et non pour perdre », se défend pour sa part, Mme Jessica Ahoèfa, revendeuse de gaz butane au marché d’Akodésséwa. D’ailleurs, Mme Jessica pense abandonner ce commerce pour investir dans un autre domaine.

« Je ne peux plus continuer. Je risque de faire une crise cardiaque, parce que les chauffeurs embêtent trop. En tout cas, ce n’est pas de leur faute aussi. Mais je n’en peux plus. J’ai même parfois la peine de fixer les prix de vente, car mes clients se plaignent trop et vont loin en m’accusant d’être une tricheuse. C’est compliqué », a-t-elle affirmé

Ces accusations ‘’non fondées’’ comme le dit, cette revendeuse nourrissent les potins des quartiers.

Déjà dans un communiqué rendu public, lundi 25 juillet 2022, l’Association togolaise des consommateurs (ATC) avait vigoureusement condamné ces faits, accusant les revendeurs de gaz butane de fixer les prix d’une façon « abusive ».

Et dans ce même sens, l’ATC a interpellé le gouvernement et lui demande de faire respecter l’application du prix officiel du gaz domestique dans le pays et de sanctionner les opérateurs économiques qui font de la spéculation.

La situation reste confuse et chaque camp se défend. « Quand c’est comme ça, le gouvernement doit vite agir en évaluant la situation à tous les niveaux pour fixer les prix d’une manière que chacun puisse tirer son épingle du jeu », recommande, Mme Mawussi Yawavi, économiste de formation.

Il faut rappeler que le gaz butane est déjà subventionné par l’Etat. Mieux, le gouvernement ne perçoit que la moitié de la taxe qui doit normalement lui être appliquée.