Fabre multiplie le bilan de Gnassingbé par zéro et doute de l’appartenance de Kodjo à l’opposition

Jean-Pierre Fabre persiste et signe. Pour le moment, les conditions ne sont pas remplies pour que le scrutin présidentiel du 22 février prochain soit libre et transparent. Le principal challenger de Faure Gnassingbé en 2015 estime que le bilan du chef de l’Etat sortant, après 15 ans de pouvoir, est ‘très négatif’. Le candidat de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) a aussi parlé d’Agbéyomé Kodjo. Pour lui, il y a des doutes que le ‘candidat unique’ de la dynamique Mgr Kpodzro soit de l’opposition’.

Sur RFI mercredi, le candidat de l’ANC n’est pas passé par 4 chemins pour parler des conditions d’équité et de transparence du scrutin présidentiel. Les conditions ne sont pas bonnes, a-t-il souligné plusieurs fois. Mais il a foi qu’avant le scrutin, le minimum sera fait.

« Nous y travaillons. Nous rencontrons des partenaires du Togo pour les informer de la situation. Des choses doivent être mises en place avant l’élection. En tout cas, nous ferons tout pour que le minimum soit obtenu », a-t-il lancé.

Au nombre de ces conditions, M. Fabre pointe du doigt la question du fichier électoral, la participation de l’ANC à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’illégalité de la Cour constitutionnelle.

Le candidat de l’ANC demande aussi la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote, l’authentification du bulletin de vote. « Ce que nous demandons n’est pas la mer à boire. C’est dans l’intérêt de tous les candidats, y compris le candidat du parti au pouvoir », a-t-il ajouté.

Pour lui, le bilan du candidat Faure Gnassingbé qui brigue un 4ème mandat à la tête du Togo est négatif.

« En matière d’Etat de droit, le Togo a régressé même par rapport à la situation qui prévalait avant la prise de fonction de Faure Gnassingbé. De toute façon, il est entré en fonction par un coup d’Etat. En matière économique, c’est pire. Il y a une opacité totale, l’affairisme s’est installé au sommet de l’Etat. Il a dit qu’une minorité s’est accaparée les richesses du pays. La minorité a légèrement pris du poids », a-t-il énuméré.

Pour la première fois, ce candidat de l’opposition lève un coin de voile sur la mutualisation des efforts à laquelle 3 autres candidats et lui sont parvenus il y a quelques jours. A en croire M. Fabre, même le candidat unique de la dynamique Mgr Kpodzro avait été invité à cette réunion.

« C’est une réunion à laquelle les 6 candidats de l’opposition ont été invités. Il s’agissait essentiellement de faire en sorte que la solidarité prévale dans les bureaux de vote entre les représentants des candidats de l’opposition », a-t-il expliqué.

Le président du parti orange doute de l’appartenance d’Agbéyomé Kodjo à l’opposition. « J’ai des relations normales avec toute personne qui se dit de l’opposition. Si Agbéyomé Kodjo est réellement de l’opposition, j’ai des relations normales avec lui. L’opposition avait décidé de ne pas aller aux élections législatives mais il y est allé. Ce sont des  positionnements qui peuvent interroger », a-t-il dit.

Pour lui, le prochain président qui sera élu doit se consacrer à un certain nombre de choses.

le prochain chef de l’Etat doit se consacrer à l’instauration de l’Etat de droit. Il faut des institutions sérieuses devant lesquelles tous les Togolais sont égaux. Aujourd’hui, le Togo passe pour un Etat corrompu. Il faut travailler à ce que l’institution judiciaire fonctionne. La gestion rigoureuse des régies publiques. On ne privatise pas pour privatiser et pour devenir le propriétaire des entreprises que l’on privatise, c’est le cas au Togo », a-t-il soutenu.