Alpha Condé cite le Togo de Faure Gnassingbé en exemple

par Super User

Depuis quelques temps, l’opposition guinéenne soupçonne le président Alpha Condé de vouloir changer de constitution pour remettre le compteur à zéro puis ensuite briguer un 3ème mandat. Pour la première fois ce lundi, le président guinéen a répondu. Selon Alpha Condé, la Guinée n’organise pas encore une élection présidentielle. Mais dès que le moment arrivera, c’est le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, parti au pouvoir) qui choisira son candidat.

Dans son interview accordée à Rfi et France 24, le président guinéen cite le Togo de Faure Gnassingbé en exemple. Selon lui, le choix d’un candidat pour une élection présidentielle dépasse les questions de personnes. Ce sont les partis qui, librement, choisissent leurs candidats.

« Le RPG est libre. Aujourd’hui, le RPG peut présenter plein de candidats. Les partis sont libres. C’est comme au Togo. Le parti pouvait présenter Faure ou un autre », a-t-il déclaré aux journalistes de Rfi et de France 24.

A ceux qui disent qu’il veut changer la constitution pour briguer un 3ème mandat, Alpha Condé répond. Le président guinéen ne comprend pas pourquoi on s’acharne sur sa personne alors que dans d’autres pays, des présidents font 4, 5 ou 6 mandats mais on trouve cela normal.

« Quand c’est le président de la Guinée, cela devient un scandale », a-t-il indiqué.

La Guinée va vers l’organisation d’un référendum constitutionnel le 1er mars prochain. Dans les urnes, au même moment que les électeurs choisiront leurs députés, ils diront si oui ou non ils veulent une nouvelle constitution.

Pour M. Condé, il est important que la Guinée se dote d’une nouvelle constitution qui, selon lui, viendra répondre aux besoins actuels, en lieu et place d’une constitution qu’il dit ‘bâclée’.

« La Constitution actuelle, nous sommes obligés de la violer par les accords politiques. Et aujourd’hui, la Constitution guinéenne doit répondre aux besoins du monde actuel. Par exemple, la parité entre hommes et femmes, la lutte contre les mutilations génitales, le mariage des filles avant 18 ans, et surtout, le partage correct des ressources. Par exemple, aujourd’hui, nous consacrons 15 % des ressources minières aux sous-préfectures. Nous voulons qu’un fonds constitutionnel existe qui serait un fonds pour la jeunesse et un fonds pour les personnes vulnérables », a-t-il expliqué.